Parlons culture d’entreprise #4 ! Une équipe multilingue :)

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Dans la course à la mondialisation, de nombreuses entreprises s’étendent en créant des filiales à l’étranger, ou en faisant venir des employés d’autres pays. Ce faisant, elles s’ouvrent à de nouvelles influences qu’il leur faut prendre en compte. Au-delà de l’intégration, un défi important est de parvenir à conserver le même niveau de communication entre tous ces nouveaux acteurs. Pour les très grandes entreprises, cela peut simplement consister à laisser les autres s’adapter, mais pour des petites entreprise qui essaient d’exporter leur activité, cela implique très souvent de faire un effort de familiarisation avec une nouvelle langue. Dans de nombreux cas, cela résulte en une transition vers l’usage de l’anglais. Comment les entreprises réagissent-elles à cela ? Et, à plus forte raison, comment OpenClassrooms gère-t-elle cette transition ?

Les Français et les langues étrangères

Parmi ce que l’on a pu dire sur l’usage des langues étrangères en France, tout n’a pas toujours été très positif. Dans les films anglais ou américains, comme dans les séries télévisées, les Français sont presque toujours représentés avec un accent français caricatural, si bien qu’on n’a même pas besoin de les présenter. On peut choisir de voir ça comme une insulte, ou au contraire un compliment envers la culture française, mais remarquez que le seul acteur français à avoir jamais gagné un oscar pour son premier rôle est Jean Dujardin, dans le film “The Artist”, où il ne prononce pas le moindre mot !

N’étant moi-même pas originaire de France, j’ai également grandi avec cette idée que les Français ne sont pas très portés sur les langues étrangères. Pour faire simple, tout ce qui n’est pas français serait considéré comme repoussant, si l’on en croit nombre de mes compatriotes qui manquent un peu de recul, n’étant eux-mêmes pas irréprochables en la matière. En réalité, d’après ce que je constate, les Français parlent en fait très bien anglais. Tout particulièrement les jeunes générations, au sein desquelles chacun s’y connaît pas mal non seulement en anglais, mais aussi en espagnol. Qui plus est, les étudiants français actuels sont très souvent amenés à étudier à l’étranger au moins une ou deux fois. Enfin, saviez-vous que selon la BBC, si on calcule le nombre total d’employés français, Londres est la sixième plus grande ville de France ?

Cependant, mon avis est peut-être un peu biaisé, car l’essentiel de mon expérience de la pratique de l’anglais en France vient de Paris. Or ici comme dans la plupart des pays, les plus grandes villes sont souvent les plus ouvertes à l’international, particulièrement dans le domaine du travail. Pour des raisons de centralité, d’infrastructure et de prestige, une entreprise désireuse de s’implanter en France choisira très probablement Paris, amenant avec elle des employés étrangers. Je ne devrais donc probablement pas utiliser Paris pour établir des généralités, mais je suis convaincu que la pratique de l’anglais suit une tendance comparable à celle de la capitale dans le reste de la France.

Mais connaître et parler l’anglais ne veut pas forcément dire être à l’aise avec cette langue. Une chose m’a particulièrement frappé : bien que les Français parlent très bien anglais, ils hésitent parfois à l’utiliser. Notez bien que je ne me permettrais pas de juger les gens au motif qu’ils ne parlent pas anglais, alors que c’est moi qui devrais m’adapter à la langue française. Ce que je veux dire, c’est que j’ai remarqué qu’un bon nombre de Parisiens ne semblent même pas conscients de leurs très bonnes capacités en anglais.

Est-ce que ce serait une conséquence du préjugé qui règne à l’étranger, selon lequel les Français ne parlent pas bien anglais, qui conduirait les intéressés à redouter de mériter leur réputation ? À mon avis, cela s’explique aussi par le fait que les classes des écoles françaises sont très grandes, atteignant parfois jusqu’à 35 étudiants. À cause de cela, elles se concentrent sur la compréhension et l’écrit, limitant les opportunités de pratiquer réellement l’anglais à l’école.

La transition au sein d’OpenClassrooms

Au sein d’OpenClassrooms se produit actuellement une transition vers un espace de travail multilingue. Depuis quelque temps, OpenClassrooms publie aussi des cours en anglais, et des cours en espagnol émergent également. Tout cela rentre dans la vision d’OpenClassrooms, qui l’amène à s’orienter vers une organisation plus mondiale. Par exemple, j’ai candidaté pour le poste de stagiaire de recherche en anglais, et au cours de mon premier entretien, on ne m’a pas posé la moindre question sur mes capacités en français (ce qui m’a d’ailleurs probablement sauvé la vie). Cela témoigne qu’OpenClassrooms comprend qu’une entreprise ne doit pas être limitée par sa langue maternelle, et doit au contraire accueillir la diversité.

Sous l’effet de cet encouragement à devenir multilingue, et du fait que tout le monde parle anglais au sein de l’entreprise, de nombreuses réunions et communications d’OpenClassrooms se déroulent en anglais. Mais je ne peux que constater que certains ne sont pas tellement à l’aise avec ça. Même quand une réunion commence en anglais, il est très courant qu’elle vire au français en cours de route. C’est peut-être lié au fait qu’il est plus difficile de s’exprimer dans une langue étrangère que dans sa propre langue, mais je pense que cela tient également à ce que l’usage de l’anglais ne semble pas indispensable, quand tout le monde sauf un employé (comprenez : moi) est plus à l’aise quand la discussion se déroule en français.

De mon point de vue extérieur, il semble que j’aie un double rôle à jouer : tout d’abord, je dois m’habituer à la langue française, qui est prédominante chez OpenClassrooms, et ensuite, je peux aider les autres à se familiariser avec l’idée qu’à l’avenir, il pourrait bien y avoir de plus en plus d’employés non-francophones. Mais ce dernier aspect prend pas mal de temps.

À cela s’ajoute le facteur d’assurance, qui joue un rôle important. Je le constate moi-même quand j’essaie d’apprendre une nouvelle langue : avoir l’assurance de parler peut être assez difficile. Lors de mon arrivée chez OpenClassrooms, je pensais que tout le monde ne parlerait pas anglais, mais il s’est avéré que si ! Certes, ils ne brûlent pas toujours d’envie de le montrer, mais – je voudrais bien pouvoir appliquer cela à moi-même – OpenClassrooms a bel et bien le la chance de disposer d’une solide base bilingue. Bien sûr, c’est sans doute aussi lié aux employés eux-mêmes; car ils sont relativement jeunes.

Comment avancer ?

L’étape suivante est d’encourager et de soutenir un espace de travail multilingue. Dans le cas d’OpenClassrooms, il semble que les fondateurs veulent préparer l’entreprise à un futur dans lequel l’usage d’autres langues sera plus répandu, en raison notamment de l’extension de son catalogue de cours. Pour ce faire, les cinq conseils suivants pourraient s’avérer très utiles :

  • Embaucher des employés polyglottes.
  • Exposer l’intérêt de devenir multilingue.
  • Essayer d’inclure les non-francophones.
  • Ne pas présupposer que certains employés n’auront pas besoin de communiquer.
  • Encourager les opportunités éducatives.

Par exemple, OpenClassrooms a commencé à embaucher des employés polyglottes, qui sont à l’aise à la fois en français et en anglais, ou en français et en espagnol. Non seulement cela apporte une aide au processus de création de cours, mais en plus cela contribue à l’internationalisation. Les efforts déployés par OpenClassrooms pour intégrer les employés qui ne parlent pas (encore) la langue sont un autre exemple. Quand j’assiste à une réunion en français, il y a de temps en temps quelqu’un qui traduit pour moi. J’apprécie beaucoup cela, car je me sens vraiment inclus dans la réunion, même si je ne comprends pas toujours ce qui s’y dit. Les employés sont encouragés à utiliser l’anglais dans leurs e-mails et leur communication via l’application de messagerie Slack, et ils insistent sur le fait que si jamais je n’arrive pas à suivre la conversation, je n’ai qu’à demander pour qu’on m’explique.

Il est intéressant d’observer ce développement au sein d’OpenClassrooms, et je suis de près cette évolution, car l’entreprise a un gros potentiel de croissance internationale. Bien sûr, à mesure que les choses se préciseront, je ne manquerai pas de vous tenir informés. Mais en attendant, je vais avoir besoin de m’améliorer en français. Et même si les autorités françaises ont essayé de m’aider il y a peu, en supprimant le traditionnel accent circonflexe (^) de l’écriture, il me reste encore beaucoup de chemin à parcourir. Mais tout de même, “Monsieur Hollande”, j’apprécie ce geste !

 

Intéressé(e)s par la découverte du fonctionnement d’OpenClassrooms ? N’hésitez pas à suivre ce blog, à partager ou à commenter sur cet article. Le prochain sera la semaine prochaine !

Commentaires( 7 )
  1. C’est génial tes articles!
    I’m happy to learn that OC adopts others languages, specially English.

    It’s great!

  2. Amazing ! Just a little fault among a very long text.
    I d like to write in english as well you write in french.
    THx for this post

  3. Did you think I wouldn’t show up ? :)
    2 mistakes (at least :D) in this text:
    – « Par exemple, OpenClassrooms a commencé à embauchER »
    -« Et même si les autorités françaises ONT essayé »

    I’m back in business !
    As usual, great article even though i think you missed one pretty important point.
    If french people do not like speaking a foreign language in public even though they have the knowledge, it’s mainly because the french educational system does not encourage the students to do so.
    In France, mostly, the teacher knows and you don’t. Thus when the teacher speaks, you keep your mouth shut and wait for « question time »,if there is any, as opposed to the english / american system where its more natural for students to ask questions anytime they feel like it and teachers support that kind of behaviors.
    I found it really strange at first when I was studying in canada for a semester. First I thought it was quite unpolite towards the teachers, then I realized it was simply another teaching system.
    Consequently, it was way easier for canadian students to speak in front of the class than it was for french students, always trying to sit in the back rows.

    What do you think about my explanation ? Does it ring a bell or is it the first time you hear about that ?

    • Tout à fait ! Merci ;) Je laisse Erik répondre à ta question !

      • Thanks for your feedback Stan!

        From what I’ve heard from other French students, you’re absolutely right. I think there’s definitely a connection between being confident to speak and having been rewarded to speak in the past, especially in a different language.

        I noticed this when I was studying in Canada as well (Go Gee-Gees!). Students are really encouraged to participate in class and there is no such thing as a stupid question. People became way more proactive because of this and I think that really helps with learning new languages.

        I appreciate your contribution!

          • Habs all the way for me too ! (Sorry Erik ;) )

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