Entretien d’embauche : les secrets des meilleur·e·s candidat·e·s

On cherche autant des gens qui ont un savoir vivre, une éthique et l’envie d’apprendre que des compétences.

Vous êtes en période de recherche d’emploi (ou même employé·e, mais à l’écoute du marché). À un moment ou à un autre, vous allez passer un entretien d’embauche.

Mathieu Nebra, le co-fondateur d’OpenClassrooms, a fait passer de nombreux entretiens à des postes très divers. Il a donc maintenant une meilleure vision de ce qu’on y attend, puisqu’il est de l’autre côté de la barrière.

Nous n’allons pas vous faire languir trop longtemps. Comment vous donner toutes les chances de réussir votre entretien ? Qu’est-ce qui fait que cela fonctionne ? Qu’est-ce qui différencie un très bon candidat d’un candidat moyen ? Quels sont au contraire les écueils à éviter ?

À partir de l’expérience de Mathieu, on vous dit tout !

Tes conseils pour décrocher l’entretien ?

Votre lettre de motivation : per-son-na-li-sée !

Toutes les bonnes candidatures sont personnalisées. Qu’il s’agisse d’un mail ou d’un formulaire rempli en ligne, les bons candidats font tous l’effort d’expliquer en quoi le poste les intéresse et pourquoi ils sont des candidats pertinents.

Ne copiez-collez pas la même motivation générique. Personnalisez vraiment pour chaque entreprise. Lorsque la motivation n’est pas personnalisée, on le voit tout de suite et on a l’impression que vous postulez un peu partout, au cas où, pour voir.

Pour la longueur, pas besoin de faire long (5-6 paragraphes font bien l’affaire). Inutile de faire un document à part, sauf si on vous le demande. Et laissez tomber les lettres de motivation manuscrites : j’en vois encore (peu), mais à chaque fois elles me rappellent ce prof qui m’avait dit de privilégier l’écriture manuscrite. Non vraiment, croyez-moi, ce n’est pas la peine. Passez plutôt du temps à personnaliser la lettre.

Votre CV, personnalisez-le aussi !

Les bons candidats ont tous personnalisé aussi leur CV. Je sais, vous vous dites “à quoi bon, un CV ça ne change pas ?”, mais je vous assure que ces petits détails font la différence.

A minima, indiquez en haut du CV le poste que vous recherchez (si possible le même que celui demandé par l’entreprise ou un synonyme). Ajoutez quelques mots, toujours en haut du CV, pour qu’on comprenne en quoi votre candidature est unique et ce que vous recherchez.

Il n’est pas forcément nécessaire de changer le reste du CV à chaque fois, mais posez-vous quand même la question. Vos expériences de vendeur, même en job étudiant, ont intérêt à être mises en avant si vous postulez pour un poste de commercial (n’hésitez pas à mettre les bons mots-clés en gras). En revanche, si vous manquez de place, ne vous forcez pas à laisser les expériences ou diplômes qui ont moins d’intérêt.

Le CV n’a pas besoin d’être exhaustif : il doit avant tout résumer pourquoi vous êtes la bonne personne pour ce poste du premier coup d’oeil.

J’en vois venir qui vont dire “mais ça revient à maquiller la réalité !”. Non, ce n’est pas maquiller la réalité : c’est montrer que vous avez compris ce qui est demandé sur ce poste et que vous savez synthétiser les informations les plus pertinentes.

Et le jour de l’entretien, quand arriver ?

OK, j’enfonce ici des portes ouvertes, mais il va de soi qu’il faut arriver à l’heure en entretien. Prévoyez large pour les transports s’il le faut, mais ne manquez pas votre heure de rendez-vous.

La plupart des bons candidats arrivent soit à l’heure pile (à se demander s’ils attendent devant la sonnette pour sonner à la seconde près !), soit 10-15 minutes avant. Arriver trop à l’avance (30 min) n’est pas forcément gênant mais peut envoyer un mauvais message (êtes-vous trop stressé·e ?). Je recommande plutôt d’éviter.

Faut-il imprimer son CV ?

Je ne suis pas forcément un grand fan du CV papier (chez OpenClassrooms on se partage votre CV PDF ou profil LinkedIn en amont de l’entretien), mais j’ai toujours apprécié de voir des candidats avec 2-3 CV sur eux “au cas où”. Vous faites déjà passer un bon message : vous êtes prévoyant·e, organisé·e.

Accessoirement, si l’entreprise n’était pas bien préparée, ce qui arrive, on vous en sera reconnaissant et vous ferez gagner du temps à tout le monde.

As-tu des exemples de bonnes questions de fin d’entretien ?

On devrait normalement vous demander si vous avez des questions à poser vous aussi. Surtout, n’hésitez pas, posez des questions sur le poste.

C’est d’ailleurs ma question favorite : “Quelles questions souhaitez-vous poser ?”. J’adore la poser car c’est une question très ouverte qui m’en dit beaucoup sur les candidats. S’ils me répondent “aucune”, je suis déçu, je sens qu’ils sont stressés et qu’ils n’osent pas faire de faux pas.

Au contraire, s’ils posent des questions, je vois qu’ils sont curieux et j’apprends ce qui les intéresse. Les bons candidats (qu’on finit par recruter) posent des questions pointues, précises, pertinentes. Ce sont des questions auxquelles on commence par répondre “Bonne question !”.

Que ce soit pour clarifier des missions du poste ou mieux comprendre le business model de l’entreprise, montrez votre curiosité et votre sagacité !.

Est-ce qu’il y a des écueils à éviter en entretien ?

La tirade de théâtre classique

On vous pose une question, vous vous lancez dans une longue tirade de 10 minutes et on ne peut plus vous arrêter ?

BIIIP ! Mauvais signal.

Les bons candidats répondent aux questions sans circonvolutions interminables. Si on souhaite en savoir plus, il suffit de leur demander.

Cela m’arrive encore souvent d’avoir un candidat qui prend un quart d’heure pour se présenter, ou qui me perd complètement en répondant à une question… Je trouve impoli de couper (quoique parfois j’y sois obligé), mais c’est vraiment épuisant… pour moi en tout cas.

 

Ne. Mentez. Jamais. Je pense que s’il y avait un conseil à retenir, c’est avant tout celui-là. Je sais, je sais, ça va peut-être à l’encontre des conseils que votre entourage vous a déjà donnés (“surtout, ne dis pas ça, et si on te demande ça, dis plutôt ça, fais bonne figure”).

Chez OpenClassrooms et dans d’autres startups de ma connaissance, l’honnêteté intellectuelle est au contraire un critère essentiel. Mentez une fois, et si je m’en rends compte, je suis sûr de ne pas avoir envie de continuer avec vous, même si vous avez été génial·e par ailleurs.

J’apprécie les candidats qui reconnaissent sans détours quelque chose qui ne les valorise pas et qui montrent comment ils comptent s’améliorer. Vous n’avez pas lu le cours “How do we work at OpenClassrooms ?” avant l’entretien ? J’aurais préféré que ce soit le cas, mais assumez et dites que vous le ferez après l’entretien. Si vous me faites croire que vous l’avez lu et que je vois que ce n’est pas le cas, nous ne pourrons jamais travailler ensemble.

La confiance, c’est tout. Commencez sur de bonnes bases !

Un dernier conseil ?

Généralement le soir même après l’entretien, les bons candidats font ce qu’on appelle un “follow-up”. Ils rédigent un court mail pour remercier de l’entretien, résumer ce qu’ils ont compris (en faisant là encore preuve de synthèse) et indiquent en quoi leur perception du poste a changé ou s’est renforcée. Ils se montrent disponibles pour la suite. Cela prend peu de temps, mais l’effet est garanti.

Bonne chance !

Commentaires( 10 )

  1. Post très pertinent surtout lorsque l’on est à l’aube d’un entretien d’embauche ou d’un stage dans mon cas. Il est toujours bon de se rappeler les bonnes règles de conduite et de préparation avant le D-day. Une piqûre de rappel ne fait jamais de mal surtout que l’on profite de conseils d’une personne se trouvant de l’autre côté de la barrière comparé à nous.

    J’ajouterai un point essentiel pour ceux comme moi qui suivent une formation Openclassrooms. Préparez-vous à ce qu’on vous pose cette question: Pourquoi avoir décidé de suivre une formation à distance? Deux entretiens, deux fois la même question. Assez déstabilisant la première fois, surtout lorsque l’on y est pas préparé… Mais nous disposons suffisamment d’arguments solides pour motiver notre choix. Il faut juste les avoir préalablement listés…

    Merci pour ces précieux conseils ainsi que ceux d’Honorine Jollans.

    • Merci beaucoup Willy, très juste, on note ! C’est un très bon conseil aussi. Belle journée !

  2. Trop drôle le candidat qui attend l’heure du RDV avec le doigt sur la sonnette!!!
    Tous les acteurs économiques et les médias nous présentent une vie professionnelle où dorénavant il faut se remettre en question, se former en continu, se reconvertir, déménager …mais dans notre pays, il y a tellement d’intervenants dans tous les organismes publics et aussi dans les processus de recrutements des boites, qu’il suffit qu’une seule personne ne soit pas convaincue d’une reconversion professionnelle, je suis dans ce cas, et qu’elle raisonne encore « à l’ancienne », pour bloquer nos démarches ou écarter nos candidatures.
    Après 30 ans dans secteur papeterie, j’essaye grâce à nombreux cours OC et plusieurs formations en présentiel de me reconvertir professionnellement développeur Java, mais on m’a souvent répondu que à 56 ans, commencer en Java c’est atypique… en conséquence je ne suis pas retenu
    Alors je crois que les mentalités ne sont pas encore prêtes et qu’il faudra encore longtemps avant que les décideurs ne regarde que les compétences et non plus l’âge des candidats.
    Bon cours à tous

    • Bonjour,
      Avez-vous fait un parcours ou les cours ? Vous savez qu’avec le parcours Dev Java EE comme avec tous nos parcours vous avez l’emploi garanti ? Sachez que nous avons des diplômés de votre âge ou plus qui trouvent des emplois ! Alors, il ne faut surtout pas vous décourager !

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