Découvrez l’UX design, le pendant numérique du métier d’architecte

L’UX designer est un architecte. Il écoute les besoins de son client pour penser la structure du site, qui représente une grande partie de l’expérience utilisateur”.  Adeline Brogard, UX designer chez OCTO Technology

 

Que l’entreprise soit un média, un prestataire de services, ou même un site de e-commerce, tout doit être fait pour que l’internaute utilise intuitivement le site et le trouve suffisamment pratique pour y rester, et, le cas échéant, acheter.

Dans ce contexte, les excellents UX designers sont de plus en plus recherchés.

Découvrez ce métier à la fois analytique, créatif et tech, encore méconnu mais qui a de beaux jours devant lui.

[À lire : le métier d’UX Designer en start-up]

Notre experte

 

Adeline Brogard est UX designer chez OCTO Technology. Elle s’est reconvertie après une première partie de carrière en marketing.

Lorsqu’elle exerçait en marketing, Adeline voulait se rapprocher des utilisateurs pour mieux comprendre leurs besoins. Elle raconte : “En marketing, on a une vision-cible des profils qui se serviront de notre produit mais pas des utilisateurs réels. Avec l’UX design, j’ai découvert une méthode pour améliorer l’expérience client de manière concrète en répondant à leurs besoins”.

 

Pouvez-vous nous décrire une journée type ?

Plutôt un projet type. Il y a deux temps fort dans l’UX design : la partie cadrage, et la partie conception (que l’on nomme « delivery » chez OCTO Technology).

Le cadrage permet de comprendre le contexte client, explorer et définir le besoin.  Je démarre par des immersions, que je synthétise à travers des livrables :

  • Les personas, qui catégorise par usage les profils d’utilisateurs réels rencontrés,
  • Les experience maps : le chemin utilisateur, pour analyser leur journée type et définir leurs nuances de sentiments pour apporter la meilleure solution en terme d’expérience à chaque étape de leur chemin
  • Et les empathy maps, pour comprendre les émotions diverses des personas.

À partir de cette synthèse, je fais ressortir les “pain points” pour l’utilisateur, c’est-à-dire les problématiques prioritaires, qui viennent dessiner les priorités du projet.

Cet ensemble d’informations permet d’apporter des recommandations à mon client. Nous en discutons alors pour se mettre d’accord sur les hypothèses retenues.

La partie conception sert à prototyper, tester et réaliser fonctionnalités demandées. La fréquence de mes interventions est variable en fonction du moment du projet. Elle est aussi dépendante de mon accès aux utilisateurs, pour les rencontrer, faire les tests et co-construire la solution.

 

Ce qui vous plaît le plus ?


Ce qui me plaît, c’est d’abord d’être en empathie pour mettre l’utilisateur au centre de la réflexion. De tout faire pour comprendre ses besoins et lui proposer la meilleure solution possible. J’adore aussi l’opérationnel : aller sur le terrain faire ce qu’on appelle de l’UX research, réaliser des interviews pour pouvoir construire des hypothèses.

 

Quels sont les plus grands défis quand on exerce ce métier dans le Conseil ?


L’évangélisation ! Cela va vous paraître étrange, mais c’est parfois difficile de faire comprendre à notre client notre métier (et les avantages pour lui). Il y a toujours une réticence du client à intégrer l’UX design. Et notamment des équipes marketing, qui ciblent d’un point de vue business les personnes qu’ils veulent attirer, en les confondant avec les utilisateurs.

Or, en design, on sait que la persona marketing n’est pas l’utilisateur final. Nous devons justement nous confronter à l’utilisateur réel.

Cela étant dit,  aujourd’hui, avec la recrudescence des méthodologies agile et lean, l’UX design est de plus en plus reconnu. Il parle aux professionnels de la transformation numérique.

 

Comment voyez-vous le métier d’UX designer dans 10 ans ?


Je n’ai pas de réponse arrêtée. Cependant, si je fais le parallèle avec le Marketing, l’UX design est amené à évoluer de pair avec les technologies. Dans 10 ans, on devrait designer des interfaces locales, des hologrammes, travailler en 3D. On travaillera aussi avec des data scientists et des spécialistes du machine learning.

Une autre transformation que je vois se profiler : pour moi, le métier de sociologue se concentrera demain sur l’éthique. Avec la multiplication des chatbots, l’aube de l’intelligence artificielle et d’autres outils qu’on ne connaît pas encore, la question de l’éthique sera centrale. L’Homme programme les machines à son image mais avec des biais cognitifs. À mon sens, l’UX design devrait bientôt viser à corriger ces biais.

 

C’est fait pour qui ?

 

C’est fait pour les sociologues, les ethnologues, les gens du marketing, les ergonomes, ceux qui ont fait des études d’UX design, qui ont fait du conseil. Il faut avoir une forte capacité d’écoute, d’analyse et de synthèse.

Attention à l’effet “c’est facile, il faut demander au client ce qu’il veut”. Car comme disait Steve Jobs, « Ce n’est pas le boulot des consommateurs de savoir ce qu’ils veulent”.

 

Quelles sont les qualités à développer pour évoluer dans cette branche ?

 

En tout premier lieu la curiosité. Il faut aussi avoir la capacité à apprendre, vouloir participer à des conférences (par exemple la FUPA, Paris Web, Toulouse Web, Meetup UX République) et se mettre à jour continuellement grâce à une veille efficace.
Il faut aussi s’intéresser à ce qui se trouve hors de son périmètre. Comprendre le fonctionnement des product owners ou coachs agiles par exemple, est utile pour travailler efficacement avec eux.

 

Avez-vous des bonnes pratiques pour ceux qui débutent dans ce métier ?

 

  • Aimer les gens, être curieux. C’est la base de l’UX. On a une posture particulière : être dans l’observation sans jugement de la personne qu’on suit, pour comprendre pourquoi elle fait les choses.
  • Être empathique sans être sympathique. Concrètement, être là pour comprendre les problèmes mais ne pas les résoudre de manière immédiate pour supprimer des frustrations.
  • La créativité est plutôt du côté UI.  En UX, il faut être ordonné, synthétique (On voit 10 personnes, puis on capter les éléments des profils et les restitue fidèlement).
  • Il faut s’entraîner à exposer des besoins sans parler de solutions, pour remettre en cause les idées reçues des clients. Tout le jeu d’équilibriste, c’est d’apporter des recommandations en termes d’opportunités, qu’on les traduit en hypothèses mais sans imposer une solution au détriment d’une autre.  
    Par exemple, si on met en place une application mobile en banque pour faciliter les échanges d’argent entre potes pendant un voyage, notre objectif n’est pas de dire que l’application mobile est la seule solution possible, mais qu’on peut répondre à ce besoin sur mobile, le web, ou une forme de réseau social. La solution recommandée dépend des résultats des immersions et des orientations business de l’entreprise.
Des ressources à partager pour apprendre au mieux ?

 

  • Muzli, qui regroupe tous les sites de tendances pour faire des maquettes.
  • Sketch et InVision comme outils de travail incontournables.
  • Pinterest comme source d’inspiration très riche.
  • Huntsplash pour les photos libres de droits.
  • SketchAppSource pour trouver des templates gratuits faits par des UX ou UI designers et partagés à la communauté.
  • Milanote, qui est une sorte d’Evernote visuel (pour rassembler les inspirations visuelles, les articles de blog, etc).
  • Medium, pour avoir des dizaines de retours très pertinents d’UX designers en cherchant les bloposts par mots-clés.
  • Et bien sûr YouTube, pour trouver des tutos sur le Design Thinking, le Sprint, l’UX design, surtout si on comprend l’anglais.

 

Intéressé par ce métier ?

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