Test technique : comment le préparer ?

Développeur, designer, data architect ou encore responsable marketing : autant de métiers dont le processus de recrutement passe le plus souvent par un entretien technique.

Et bien que la nature du test ne soit généralement pas connue, il est important de s’y préparer afin d’adopter les bons comportements.

C’est ce que nous expliquent Aurore Gaucher et Thomas Dimnet, tous deux développeurs web et mentors pour l’école en ligne OpenClassrooms.

[À suivre : Le cours de Thomas Dimnet pour réussir un test technique en développement]

Les 3 règles avant un entretien technique

Avant même de postuler à une offre d’emploi, il convient d’adopter trois gestes bien spécifiques. L’enjeu ? Être sûr que le poste visé correspond à son profil et à son niveau de compétences.

Se renseigner sur l’entreprise

Le plus important est tout d’abord de réaliser des recherches sur l’entreprise qui recrute. L’objectif est de connaître au mieux la nature de son activité ainsi que ses besoins techniques. Pour un développeur, cela pourra notamment passer par l’analyse des outils et langages utilisés.

Réaliser une auto-évaluation honnête

Avant même de songer à l’entretien technique, il est primordial d’évaluer son niveau de compétences pour chaque facette de son métier. C’est uniquement de cette manière qu’il sera possible d’écarter de son CV les qualifications qui ne sont pas acquises, notamment pour s’éviter toute déconvenue lors du test technique.

Comme le souligne Aurore, « il n’y a pas de honte à avoir des lacunes, surtout lorsqu’on débute. Mais c’est important de pouvoir les identifier et d’être honnête vis-à-vis de ça, notamment pour s’améliorer ».

Vérifier son adéquation au poste

Ces deux premières étapes réalisées, le candidat doit être capable de juger s’il répond aux enjeux du poste. Un manque de qualifications par rapport aux attentes du recruteur ou un profil inadapté sont autant de risques que l’entretien ne se déroule mal.

Un entretien technique en 3 temps

Se préparer à un test technique, c’est avant tout connaître sa forme. Pourquoi ? Tout simplement pour avoir une idée de ce qui nous attend et ainsi être plus détendu. Bien qu’il ne soit pas figé, ce type d’entretien se déroule bien souvent en trois temps.

La présentation

Cette première étape vise à en savoir davantage sur votre expérience professionnelle et votre formation. L’enjeu est ici d’orienter la discussion vers les attentes du recruteur, tout en restant honnête sur ses réelles qualifications. Un conseil qui vaut autant pour un UX designer que pour un social media manager.

Pour Thomas, l’idée de cette présentation est «  d’avoir une discussion avec le candidat sur des concepts généraux de son métier pour savoir ce qu’il a fait et ce qu’il sait faire. C’est d’ailleurs important que le recruté soit capable de parler de ses précédentes expériences et de ses projets ».

La discussion technique

Cette phase permet au recruteur de tester vos connaissances théoriques sur vos qualifications techniques. Il pourra notamment vous demander d’expliquer une notion (« tunnel de conversion AARRR » pour les spécialistes marketing), de vulgariser un terme technique (« Hello world » pour un programmeur) ou encore de donner votre avis sur une composante métier (« Qu’apporte la nouvelle version de PHP ? » pour un développeur).

Les tests techniques

Cette ultime étape a pour objectif de tester concrètement vos qualifications techniques. Selon les métiers, elle pourra prendre la forme d’un QCM, d’un problème à résoudre, d’un case study à analyser ou même d’un mini-projet à réaliser.

Pour les développeurs, Thomas voit souvent une forme toute simple de test : « le candidat doit écrire un script qui permet, lorsqu’on tape une date en chiffres arabes, qu’elle soit automatiquement transformée en chiffres romains ».

Tandis qu’Aurore est plus coutumière des tests comprenant « 30 à 50 mini-problèmes, souvent à faire en ligne, et qui demandent de compléter du code ou de créer un script pour qu’on ait X en entrée et Y en sortie. Et une fois la réponse validée, on te dit tout de suite si t’as bon ».

Les tests techniques, des spécificités à chaque métier

Si les tests techniques sont davantage démocratisés au sein de l’univers de la programmation, d’autres métiers ont également vu fleurir de tels entretiens. Pour bien s’y préparer, il sera bien souvent utile d’avoir une idée de la forme qu’ils peuvent prendre.

En développement informatique

On propose de compléter un QCM sur le langage du poste, écrire un script pour tester la sécurité d’un mot de passe, réaliser l’audit d’un code fourni par le recruteur, détourner les informations d’une API pour leur donner un nouvel usage… autant de formes qu’un test technique pourra prendre pour une personne évoluant dans le monde du développement.

En marketing

Dans l’univers du marketing, le test technique consistera souvent à analyser une étude de cas, à dresser des hypothèses et à apporter un plan d’action concret.

En fonction des métiers, l’objectif pourra notamment être de proposer un concept produit, choisir des outils de testing, réaliser un plan de communication sommaire ou encore d’élaborer des recommandations stratégiques à partir de données chiffrées.

En design

Graphiste, designer, directeur artistique… autant de métiers pour lesquels le test technique peut prendre de nombreux visages. Il pourra notamment être question de faire des recommandations sur une identité donnée, de retoucher une image, d’intégrer un visuel ou encore de corriger les éléments techniques d’un fichier (résolution, format, etc.).

En ressources humaines

Bien qu’il soit moins courant dans l’univers des RH, l’entretien technique pourra notamment prendre la forme d’un plan de recrutement, d’une recommandation pour renforcer la sécurité ou encore d’un règlement intérieur à optimiser.

Les 6 commandements pour se préparer à un test technique

Comme nous avons pu le voir, le test technique peut prendre de très nombreux visages. Bien qu’il soit difficile de spécifiquement s’y préparer, il existe un certain nombre de règles à suivre pour améliorer ses chances de réussite.

Préférer la pratique aux révisions intensives

Réviser toutes les composantes techniques d’un métier s’avère non seulement fastidieux, mais aussi inutile. L’important n’est pas de connaître la théorie par cœur, mais d’être capable de l’appliquer concrètement. D’où l’importance d’accorder du temps à son métier, et ce, même en phase de recherche d’un nouvel emploi.

Inutile d’essayer de se bourrer le cerveau, l’important c’est de pratiquer régulièrement. Voilà pourquoi l’apprentissage quotidien, notamment à travers la réalisation de Coding Challenges pour les développeurs, est un excellent entrainement, comme le résume bien Aurore.

S’intéresser au métier de l’entreprise

Débarquer la fleur au fusil n’est pas non plus une bonne idée. Raison pour laquelle il est intéressant de faire des recherches sur l’entreprise qui recrute afin de connaître son champ de compétences et ses attentes. Pour une agence marketing, il pourra ainsi être intéressant de connaître ses clients afin de se renseigner sur ses différents secteurs d’activité.

Faire des recherches en ligne

De nombreux sites référencent les questions couramment posées en entretien par une entreprise en particulier ou dans un domaine d’activité. L’occasion pour le candidat de s’y préparer et d’être plus détendu le jour J, et ce, même si la nature de l’entretien est différente.

C’est ce que recommande tout particulièrement Aurore et notamment via « Glassdoor ou d’autres plateformes qui sont collaboratives et permettent aux candidats de décrire la façon dont leur entretien s’est déroulé ».

Tester son niveau de compétences

Il n’est pas toujours facile d’évaluer son niveau. C’est pourtant indispensable avant tout entretien d’embauche technique. Pour y remédier, il peut être intéressant de réaliser des tests et autres questionnaires, bien souvent disponibles en ligne, afin de mettre à jour ses connaissances dans un cadre ludique et de mieux jauger son propre niveau. Une forme d’entrainement que propose JobProd aux profils techniques, du CTO au développeur, sous la forme de challenges concrets à mener.

De son côté, Thomas plébiscite Codewars pour les programmeurs.

Codewars permet d’écrire un script en fonction d’un problème posé et qui te dit ensuite si tu couvres l’ensemble des champs possibles ou si tu as encore des choses à améliorer.

S’entraîner à plusieurs  

L’intérêt de la confrontation est de se mettre en situation réelle d’entretien. Pour cela, il est important que son partenaire ait élaboré des questions et tests spécifiques que vous ne connaissez pas à l’avance afin d’en accroitre l’intérêt. Il peut d’ailleurs être intéressant de réaliser également cet exercice avec quelqu’un qui n’est pas du métier car, en entretien, il pourra vous être demandé de vulgariser votre propos pour vous faire comprendre d’un recruteur n’ayant pas un profil technique (RH, dirigeant, etc.).

Un conseil mis en avant par Aurore : « le fait de s’entraîner à plusieurs, de se lancer des petits challenges, ça va forcément aider, notamment pour apprendre à parler et à présenter des choses devant les autres. C’est d’autant plus important qu’il faut savoir parler tech avec un profil tech, mais aussi avoir un langage simple et compréhensible pour quelqu’un qui n’est pas de ce domaine là, comme une personne des RH par exemple ».

Travailler sa logique

Si les tests techniques sont parfois très compliqués, ils se veulent plus généralement simples afin de jauger les qualifications du candidat et sa façon de réagir face à un problème. En réalité, il est bien souvent question de simple gymnastique d’esprit. D’où l’importance de ne pas rester uniquement dans une vision technique de son métier et d’être capable d’avoir des raisonnements logiques. Le test du FizzBuzz pour les développeurs en est un parfait exemple.

Et le mot de la fin pour Aurore :

« Il faut se rappeler que ça reste simplement un entretien, qu’il soit technique ou non. Au-delà des compétences, l’important c’est aussi la personnalité. Si tu en veux à fond et que tu es capable de le montrer au recruteur, t’as autant ta chance que quelqu’un de plus expérimenté mais qui pense ne plus rien avoir à apprendre »

Une nouvelle preuve que, même lors d’un test technique, les compétences ne font pas tout.

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