Qu’est-ce que la démarche Scrum ?

Les origines de la démarche Scrum

À l’origine de la démarche Scrum, le terme “Agile” qui désigne une approche moderne de la gestion de projet via un développement itératif. Cette méthode est née dans les années 50 aux États-Unis.

Les bases du cadre Scrum, “mêlée” en anglais, ont été introduites en 1986 par Hirotaka Takeuchi et Ikujiro Nonaka dans un article publié par The Harvard Business Review. 

Les auteurs ont utilisé des métaphores sportives pour décrire deux approches différentes de la gestion du développement de produits. 

Selon eux, certaines équipes sont comme des coureurs dans un relai, se passant le témoin en ligne droite. D’autres équipes sont des joueurs de rugby jouant ensemble la même partie, évoluant en va-et-vient selon les besoins.

Ils ont conclu que l’approche de course à relais était obsolète alors celle du rugby donnerait les clés pour faire face à un contexte de plus en plus concurrentiel. Le Scrum était né.

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En résumé :

  • Agile : ensemble de méthodes et pratiques qui permettent de développer un produit ou un service informatique de manière empirique. La méthode Agile permet de résoudre des problèmes complexes, en les divisant en des tâches individuelles, en les priorisant et en les répartissant à chaque membre compétent d’une équipe. Les grands principes sont exposés dans le Manifeste Agile.
  • Le Scrum : cadre (Framework en anglais) de gestion de projet qui est utilisé pour implémenter la méthode Agile. C’est le “cadre” le plus apprécié.   

Pour nous éclairer sur cette méthode, deux experts : Arnaud Lissajoux, scrum master,  formateur aux métiers du numérique et créateur de la certification française chez OpenClassrooms (Formation Scrum Master, 3 cours et 3 projets) et Michel Chan, managing consultant chez Tenzing conseil et utilisateur de la démarche Scrum.

“Le Scrum repose sur trois piliers : transparence, adaptation et inspection en continu. L’adaptation, c’est la capacité à pivoter, délayer une fonctionnalité obsolète, ou valoriser rapidement une nouvelle innovation. La transparence, c’est lorsque toute le monde comprend ce qu’il faut faire et que la communication est bonne.– Arnaud

Comment utiliser le Scrum ? Le déroulé des opérations

L’enjeu de Scrum est, selon le site Scrum.org, de “résoudre des problèmes complexes dans un environnement dynamique, productif et créatif, tout en créant des produits à forte valeur ajoutée”

Résumé du modèle Scrum

© Arnaud Lissajoux et OpenClassrooms

Le matériel

Nul besoin d’équipements sophistiqués pour débuter avec le Scrum.

Un simple outil pour organiser ses pensées suffit. Celui-ci peut tout aussi être un logiciel comme Trello (outil de gestion de projet en ligne qui permet d’implémenter le Scrum) ou n’importe quel tableau, feuille etc. On a coutume de penser aux post-its quand on parle d’atelier scrum, et en effet, ils sont utiles.

L’équipe

Une équipe Scrum compte rarement plus d’une dizaine de personne

Au-delà, la productivité et la vitesse déclinent et il est préférable de scinder le groupe en deux équipes Scrum.

Au sein de celle-ci il faut désigner deux rôles : le Product Owner et le Scrum Master (ou facilitateur agile)

Le Product Owner représente les intérêts du client. Il définit les fonctionnalités du produit final, il est Monsieur “quoi”. Le Scrum Master aide l’équipe à résoudre les difficultés pour arriver à l’objectif final, il est Monsieur “comment”. Pour les amateurs du genre, il est en quelque sorte le Maître du jeu : il guide les joueurs mais ne participe pas de manière opérationnelle.

Le Backlog

Le Product Owner est responsable du Backlog (le carnet du produit), ce qui implique qu’il valide tout ce qui pourrait y être inclus. 

Pour cela, une conception préalable, centrée sur l’utilisateur, rend possible son analyse du parcours et des retours de clients afin de bien contextualiser les besoins

Puis il consigne et priorise les récits utilisateurs (décrivent avec précision le contenu des fonctionnalités à développer) ainsi que les spécificités du produit dans le Backlog. 

Exemple : si on utilisait le Scrum pour créer un bateau, une des tâches prioritaires du Product Owner serait : “doit avoir une coque”.

Le Sprint

Une fois le Backlog défini, les Sprints entrent en jeu. Ce sont les intervalles de temps pendant lesquels l’équipe complète un certain nombre de tâches du Backlog. En moyenne, le “sprint” dure deux semaines. 

Pour suivre l’avancée de la réalisation des tâches du Backlog pendant le Sprint, on utilise un tableau : c’est là que les informations sont centralisées, affichées et accessibles en permanence.

Exemple : L’équipe Scrum est évaluée sur sa capacité à accomplir les tâches du Backlog sur la période du Sprint (1, 2, 3 ou 4 semaines fixée(s) par l’équipe pour toute la gestion du projet).

Le “Daily Scrum” 

La clé de la rapidité réside dans la communication entre les membres de l’équipe, notamment sur les obstacles rencontrés mais aussi les progrès. 

C’est pour cette raison que l’équipe se retrouve en “Daily Scrum”, littéralement la “mêlée quotidienne”, une réunion où chacun fait part aux autres de son avancement. 

Le format ? Chaque jour à la même heure pendant 15 minutes.

Le contenu ? Chaque membre répond à trois questions

Qu’ai-je fait hier ?
Qu’est-ce que je dois faire aujourd’hui ?
Quelles sont les difficultés que je dois affronter ?

Le but de ce point n’est pas de vérifier ce qui a été fait ou non puisque tout peut être consulté dans le tableau central. Celui-ci sert à déceler des difficultés et à aider les membres de l’équipe. Le Scrum Master doit alors jouer son rôle de Monsieur “Comment” et trouver des solutions. Le Scrum master peut mesurer la pertinence de ces réunions en demandant aux participant(e)s de prendre quelques minutes afin de noter chaque daily scrum à main levée (de 1 à 5, technique Return On Time Invested).

 “Sprint review” et “Sprint restropective”

Chaque période de sprint s’achève avec deux bilans qui permettent de partager les retours d’expérience de chacun et de préparer le prochain sprint.

Le premier est la Sprint review dédiée au “quoi” : animée par le Product Owner (le fameux Monsieur quoi), il s’agit d’une revue de qui a été fait. Celle-ci s’accompagne souvent d’une démonstration produit, ou d’une présentation des améliorations.

Le second est la Sprint retrospective consacré au “comment”. L’équipe doit réfléchir aux obstacles de la dernière période, des points faibles et des points forts. Le Scrum Master joue le modérateur. Si besoin, il veille à recentrer la réunion sur les points d’amélioration à mettre en œuvre pour la suite.

Enfin, l’équipe met à jour le Backlog et planifie le prochain sprint.

Dans quel cas utiliser le Scrum ? 

Retours d’expériences : La démarche Scrum est utilisée par des développeurs ou des ingénieurs pédagogiques pour développer des sites internet, des applications mobiles…

  • Arnaud pour sa dernière mission en tant que Scrum Master a développé un logiciel SaaS et une application mobile, permettant de créer et diffuser des fictions interactives. 
  • Michel contribue à une mission Scrum depuis un an pour un client dans le secteur de la banque-assurance. Ici, la démarche diffère de la méthode classique, car il est le chef de projet de l’équipe Scrum, un rôle qui n’existe pas normalement. Le projet nécessite l’intégration d’un certain nombre de produits d’assurance. La méthode Scrum permet d’intégrer et de délivrer de la valeur après chaque sprint, au fur et à mesure des produits et des fonctionnalités destinés aux clients, alors que pour un projet classique “en silo” la livraison ne se ferait qu’au terme de l’intégration d’un produit.

Quels en sont les avantages et inconvénients de la démarche Scrum ?

Les avantages :

  • Une gestion intelligente du travail qui engendre plus d’efficacité et de productivité
  • Une meilleure visibilité et communication des équipes sur les sujets en cours
  • La valorisation et autonomie de chaque membre du groupe 
  • Une cohésion d’équipe, une réflexion constante pour dépasser les difficultés
  • Une meilleure performance, “La vitesse et la qualité du travail des agences agiles, sont bien au-dessus de celles qui ne le sont pas” – Arnaud (source Annual State of Agile Report)
  • La vélocité (définition ici). C’est l’idée de dire que l’équipe est capable de faire une certaine quantité de travail en un temps donné, plus que de prédire une date finale de livraison.

Les inconvénients ou difficultés :

  • Il est nécessaire d’être extrêmement rigoureux sur la mise en place et le suivi.
  • La méconnaissance des méthodes agiles en général au sein de l’organisation. Certains professionnels croient notamment qu’on peut faire plus de choses avec le Scrum, qu’on peut ajouter une tâche facilement avec une flexibilité maximale. Or, avec la méthode Scrum, c’est la même roadmap et les mêmes objectifs, mais surtout une manière différente de travailler.

Comment débuter un framework Scrum ?

Une journée pour l’apprendre, des années pour le maîtriser”.

C’est une phrase très connue au sein des utilisateurs de Scrum. C’est un peu comme le poker, les règles s’acquièrent facilement, mais savoir y jouer vraiment nécessite de la pratique. 

Quelques conseils pour vous guider :

  • Apprendre le jargon (Scrum Master, Sprint, Backlog etc.)
  • Lire avec attention le guide officiel de Scrum développé par Ken Schwaber et Jeff Sutherland
  • Choisir le bon Scrum Master, comme le conseille Arnaud : “Un bon facilitateur aura déjà eu un rôle de designer, de développeur… Donc une expertise métier assez forte.”
  • Adapter le framework Scrum quand c’est nécessaire. Pour sa dernière mission, Arnaud a constitué une équipe de développeurs qui travaillent à distance: “L’ensemble des rituels Scrum a eu lieu en visioconférence. On privilégie traditionnellement un environnement de travail physique pour le Scrum, mais aujourd’hui, il faut continuer à s’adapter”
    « La culture agile doit être déjà en place dans l’entreprise pour qu’il n’y ait pas de problème entre la compréhension de l’agile et son appropriation.” – Miche
  • Il faut toujours chercher de la valeur pour le client. À chaque sprint, il faut chercher à ajouter de nouvelles fonctionnalités au produit.” – Michel
  • Ne pas modifier la roadmap tout le temps. “Ce n’est pas dérangeant de revoir l’objectif final notamment le Product Owner est d’accord, mais il faut que cela soit fait en concertation et pas remis en cause toutes les deux semaines.” – Michel
  • Créer le Backlog et et planifier le sprint. Quelques exemples de Backlog pour débutants : 12 Kanban Board Examples for beginners et Tutoriel pour débuter avec la méthode Scrum sur Trello
  • Garder à l’esprit que le but de Scrum n’est pas de travailler plus mais plus efficacement et en synergie avec son équipe. L’idée est d’éviter les latences entre deux tâches (la fameuse métaphore de l’attente du bâton lors du relais).

Sources :

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