Nous n’étions pas juste « scotchés derrière l’écran »

Préambule : ce billet est rédigé sur un ton bien plus personnel que d’habitude. Il était en gestation dans ma tête depuis quelques mois. N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, ce que vous en retenez et si vous aimeriez que d’autres billets de ce type soient publiés à l’avenir.

Je n’ai jamais été fan de Steve Jobs au point de connaître sa vie dans les moindres détails. Bon, ok : j’admets avoir lu sa biographie. Pour la culture, c’était intéressant (et je le recommande d’ailleurs). Mais s’il y a un de ses discours en particulier qui mérite d’être écouté, c’est bien celui qu’il a donné à l’université de Stanford aux nouveaux diplômés. Si vous ne l’avez jamais entendu, vous ne perdrez pas de temps à l’écouter.

L’un des aspects de son discours m’a particulièrement marqué, lorsqu’il dit qu’avec du recul et de l’expérience, il parvient à considérer que tout arrive pour une raison (dans les cinq premières minutes du discours). Non non, vous n’y êtes pas, il ne croit pas à un « destin » qui serait écrit pour nous à l’avance. Mais en revanche, il finit par trouver du sens à toutes ses expériences, même celles qui ont l’air de n’avoir aucun rapport a priori.

Ainsi, il finit par trouver un sens au cours de typographie qu’il a pris à l’université (un peu parce qu’il fallait bien prendre des cours pour combler son emploi du temps). Finalement, pris de passion pour cette matière, il finira par réutiliser ce qu’il a appris dans les premiers Macintosh et insistera pour que ceux-ci affichent de belles lettres bien structurées, selon les règles de la typographie qui lui sont revenues en mémoire. Les polices de caractère sont une évidence pour nous aujourd’hui, mais elles étaient loin d’en être une à l’époque.

Et c’est donc à partir de là, en prêtant attention aux détails du quotidien, que j’ai fini par « retourner » le spectre des expériences quotidiennes, même les plus difficiles ou les plus anodines, pour les percevoir comme des expériences utiles pour le futur… et donc, comme autant d’expériences positives.

Flash-back quinze ans en arrière. Je suis un étudiant comme un autre dans un collège comme un autre. Je m’apprête à rentrer en quatrième. J’ai les mêmes sujets de discussion que tout le monde : « Va-t-on avoir Mme X en Histoire-Géo cette année ? J’espère surtout pas M. Y. Qu’est-ce qu’on mange à la cantine ce midi ? » etc, etc. et bien d’autres questions passionnantes dont dépendait sûrement la survie de l’Humanité.

A cette époque, je passais déjà beaucoup de temps sur l’ordinateur familial. Il n’avait d’ailleurs de familial que le nom, puisque je me l’étais approprié et que j’étais évidemment celui qui y passait la majeure partie de son temps, au grand dam parfois de mes parents.

Qu’est-ce que je faisais ? Je jouais, je discutais sur Internet (1h / mois, car c’était la durée de mon forfait internet 56k à l’époque !), je bidouillais la base de registres, je tremblais d’avoir tout cassé en mettant à jour un driver qui avait provoqué un écran bleu de la mort… Bref, pour reprendre l’expression parentale, j’étais « scotché derrière l’écran ».

Je sais que j’aurais dû sortir plus souvent. Je ne l’ai pas fait. Je n’étais pas un vampire non plus, je prenais la lumière du soleil bien évidemment, mais ce n’était pas mon premier « réflexe » au quotidien.

En revanche, si on prend du recul, est-ce que c’était vraiment une perte de temps ? Quand on y regarde d’un peu plus près aujourd’hui, il semblerait que non. Et c’est même une évidence quand on met les choses en persective : pendant toutes ces années de « bidouille », j’ai creusé, analysé, cherché à comprendre les rouages de l’ordinateur que j’avais entre les mains. J’ai fini par en monter un moi-même, puis deux, puis trois, puis j’ai commencé à programmer des logiciels ainsi que des sites web (le premier d’entre eux était le Site du Zéro, qui devint une entreprise à la fin de mes études, pour se transformer aujourd’hui en OpenClassrooms).

Tout ce temps passé à « bidouiller » s’est révélé avoir une grande valeur aujourd’hui. Et c’est toute une génération finalement – ma génération – qui faisait la même chose en même temps que moi. Je n’étais pas seul, loin de là. Nous avions notre univers, nos repères et nos codes, comme tous les groupes. Certains étaient gothiques tendance Marilyn Manson, d’autres RnB tendance M. Pokora, nous nous étions ceux qu’on commençait à appeler les geeks, longtemps avant que ça ne devienne même une tendance. Nous étions ceux qui lâchaient discrètement un « lol » dans les cours de récré, mais pas trop fort. Or aujourd’hui, j’entends cette expression un peu partout dans le langage populaire, même en marchant dans la rue (NB : la pertinence de l’utilisation d’une telle expression à l’oral est en revanche un autre débat dans lequel je ne rentrerai pas).

Nous autres « geeks » sommes arrivés quelques années plus tard sur le marché du travail. Notre métier ? Beaucoup sont devenus développeurs, bien évidemment. Mais pas seulement. Certains ont exploité leur culture technique à des degrés divers, en apportant une grosse valeur ajoutée dans les équipes qu’ils ont rejoint, dans des secteurs a priori « éloignés » comme les assurances ou les agences de voyage.

D’autres, dont je fais partie, ont créé des entreprises, des start-ups. Ils ont découvert un nouvel aspect du monde du travail. Les relations avec d’autres entreprises, avec des clients et des fournisseurs. Le sens des mots « chiffre d’affaires », « charges sociales », « EBITDA ». Les trésoreries de fin de mois difficiles. Le recrutement. Le management. La complexité et l’importance aussi des relations humaines dans le monde professionnel. Parfois au prix d’expériences douloureuses sur le moment, mais aussi salvatrices et positives sur le long terme. Ne disais-je pas un peu plus tôt que tout peut être vu comme des expériences utiles dont on peut se servir à nouveau à l’avenir ?

Si vous vous retrouvez là-dedans, faites l’exercice quelques instants. Je vous assure que ça en vaut la peine. Repensez à toutes ces années. A tout ce temps qu’on aurait pu croire perdu sur le coup, et qui suscitait parfois l’incompréhension de votre entourage. Lentement, silencieusement, sans le savoir, vous étiez en train de construire votre avenir. De créer de la valeur pour le futur.

Nous n’étions pas juste « scotchés derrière l’écran ». Nous préparions les fondations du reste de nos vies, et nous continuons à le faire aujourd’hui.

51 Comment
  1. C’est sympa! Ca peut continuer ces formes d’anecdote, auto biographie, etc. Vous parlez de parcours de Mateo21 et vous essayez de l’étayer par les propos de Steve J.

    Mais il serait intéressant de citer quelques entreprises (ou noms des amis du groupe des « codeurs ») créées; sinon c’est très théorique!

    Abel

  2. Et justement il n’y a plus (ou beaucoup moins) de bidouilleurs dans la jeune génération. Aujourd’hui, l’informatique fonctionne bien plus simplement, la configuration d’un accès Internet n’est plus un soucis, Windows fonctionne beaucoup mieux qu’en 1996, tout comme MacOS et Linux. Bref, il n’y a plus besoin de bidouiller pour arriver à ses fins.

    Plus besoin de recherche de HOWTO sur le démarrage d’une connexion PPP avec un modem 33k qu’on pilote avec une commande Hayes, plus besoin de passer des heures sur IRC pour trouver des bots XDCC, plus besoin d’essayer de comprendre ce p*** de « Tableau de bord TCP/IP », plus besoin de redémarrer pour prendre en compte une nouvelle configuration…

    Bref, certes la jeune génération passe son temps sur un écran, mais je parie qu’elle sera beaucoup moins « informaticienne » que celle qui a 30-35 ans aujourd’hui. Ce sont juste des utilisateurs de bureautique.

    1. Tu as malheureusement raison : je suis un collégien de 14 ans et c’est impressionnant le nombre de personnes qui passent des heures sur facebook, instagram ou se prennent en photo tout le temps … Et le pire c’est que s’est ce genre de personnes qui me traitent de « geek » comme si c’était une insulte ! Moi j’ai 2 vieils ordis (2002 et 2004) sous linux que je m’efforce de faire fonctionner le problème est l’incompatibilité avec la plupart des trucs que je trouvent (même les logiciels que Openclassroom met en avant : Code::blocks ,Notepad++)
      J’essaye aussi de bidouiller de l’intérieur mais vu que je suis le seul de mon entourage … :-\

      1. Oui je pense que les jeunes aujourd’hui passent plus de temps à naviguer qu’à entreprendre et créer.
        Il faut admettre que l’informatique aujourd’hui offre des outils pour nous simplifier la vie et c’est très bien et si on pouvait rendre les choses encore plus simples (surtout côté Windows) ce serait encore mieux. C’est du temps gagné qu’on peut mettre à profit pour la conception et la création de sites, d’applications au sens large, voire de frameworks.
        Il y a cependant aujourd’hui beaucoup trop de bidouilleurs car les choses sont plus simples et plus accessibles au détriment des bases informatiques indispensables pour bien maîtriser ce merveilleux outil qu’est l’ordinateur (je veux parler de méthodes d’analyse et de programmation).
        Je pense qu’il faille insister auprè des jeunes (et des moins jeunes) sur cet aspect d’apprentissage de l’informatique.
        Pour en avoir une idée il suffit d’aller se balader sur les forums pour voir le nombre d’inepties en réponse à des questions, du style « essaie ça » pour moi ça marche.

    2. En même temps on ne va pas s’en plaindre : L’informatique n’est pas une fin en soi (du moins pour ceux dont ce n’est pas le métier), il n’y a donc aucun intérêt à passer des heures à bidouiller pour installer une imprimante ou se connecter à internet.

  3. J’allais commenter sur twitter, mais ici, en fait, c’est bien, ya de la place.
    Bon déjà je prend un sacré coup de vieux en te lisant… Mat Pokora n’était peut être même pas né quand j’ai commencé l’informatique. Je n’avais pas de base de registre a bidouiller, je n’avais pas internet, bien sur ;-)

    J’ai ccommencé JEUNE. Très jeune. Pour tout dire, j’ai limite apris le basic et a écrire en même temps… D’ abord sur un sinclair, puis un thomson, un mac, un atari, un pc, deux pc, trois pc…
    Un ami de mes parents m’y a poussé, puis mon grand pere, mes parents même, j’ai eu cette chance incroyable.

    Et CLAIREMENT, tout ce temps enfermé, souvent seul, parfois avec des potes (des mini « lan »… Sans lan, juste des disquettes qu’on s’échangeait :-P) , clairement, ce n’était pas du temps perdu.

    En ce temps là, aucune formation d’informatique n’était accessible, ce temps passé a donc été ma seule formation en info, et c’est mon travail a plein temps depuis 15 ans.

    Bref, je plussoie fortement ce post, tout en finissant doucement mes vacances SANS ECRAN D’ORDINATEUR (mais un smartphone, faut pas pousser quand même !).

    Le mois de Septembre sera un peu brûlant sur OpenClassrooms, mais je suis prêt :-P

  4. C’était un grand homme comme on en compte malheureusement peu aujourd’hui…

    Je fais partie des bidouilleurs de la jeune génération (MisterV ;) et comme tu l’as dis Mathieu, je fais partie des gens qui passent leurs journées « scotché derrière l’écran » et premier réflexe n’est pas forcément de regarder si il fait beau dehors mais plus de regarder si le rachat de Twitch est confirmé….
    Je passe mes journées sur l’ordinateur à « bidouiller » des programmes et à suivre des cours de dév, ce qui n’est pas forcément bien vu par tout le monde…
    Mais je sais que dans un avenir plus ou moins proches tout ça me servira, pour mes études et pour ma carrière professionnel….
    Alors même sans se projeter dans le passé, mais de le futur, on peux réaliser que tout ça, les journées passées à bidouiller, se révéleront utile un jour ou l’autre.

    Sinon j’adore ce genre de biographie par le biais d’un discours, ça nosu permet d’en découvrir plus sur le comment du pourquoi du SDZ, et cela permet aussi à des jeunes comme moi de découvrir des discours qui nous en apprennent beaucoup ;)

  5. Très inspirant!! Déjà que perso, çà retrace mon parcours ton article me donne encore plus de courage et de persévérance. Heureux de savoir que je perds pas mon temps à bidouiller et que je ne suis pas juste « scotché derrière l’écran ». Je prépare les fondations du reste de ma vie.
    Merci pour le partage ;)
    # STAY HUNGRY, STAY FOOLISH

  6. Merci pour ce partage Mathieu. Si tu ne l’as pas lu, je te conseille « Maktub » de Paolo Coelho, ou tu retrouves cette idée de morceaux épars qui finissent par créer un tout cohérent et évident…peut être sa lecture t’amusera-t-elle.
    J’en profite pour te remercie pour tout ce que tu as déjà créé.

  7. Je me retrouve un peu dans ton post, Mathieu, et un peu comme Stuff, j’ai débuté avec le Basic sur Amstrad… Sauf que je n’ai pu assouvir cette envie de continuer dans cette voie. En 86, l’informatique était « bouchée », comme on disait, et je me suis retrouvé en hôtellerie/restauration. Mon prof de math y a vu un gros « gâchis »…

    Et quelques temps après… Enfin, aujourd’hui :-P, je prends plus de plaisir à créer des outils pour améliorer le travail de tous (site internet, macro Excel…), que gérer l’équipe du restau où je bosse…

    Je suis peut-être né trop tôt ;-)

    Bonne rentrée à tous…

  8. Moi aussi, çà m’a pris il y a 17 ans. Par contre, j’avais déjà 40 ans ! Un besoin descalculs récurrents et d’envois « publipostés » pour une association, et c’est parti sur un PC réformé de l’entreprise où je bosse. Après, il a fallu apprendre la bureautique en autodidacte et mettre les mains dans le moteur pour maintenir la vieille bécane… Mais la vraie glu, celle qui colle bien, c’est la découverte, en 2005, de l’offre ADSL illimitée d’un jeune FAI qui se proclame « Libre » en anglais… Accès presque infini à la connaissance et aux secrets de l’informatique, j’emmagasine jusqu’à pouvoir faire valoir mon expérience au boulot; depuis 4 ans, c’est mon taf, d’abord technicien de maintenance informatique et, depuis un an, administrateur réseau de mon entreprise. « Zéro » depuis plusieurs années, je suis désormais « Premium student » sur Open Classrooms et je reste « scotché devant l’écran », parfois tard dans la nuit. Mais ce ne sont pas mes parents qui me le reprochent; ce seraient plutôt ma femme et mes enfants…

  9. C’est vrai la plus part de mes amis n’y connaissent rien en informatique, mais tout le monde dit qu’ils deviendront des informaticiens car ils aident les professeurs qui ne connaissent rien en informatique. Moi tout se que je fais sur internet c’est apprendre les divers langage de programmation. Par exemple lorsque j’ai montré un script tout simple en javascript(JS) à un voisin de table il m’a dit : « On ne t’as demander de faire math de terminale ». D’autre personne ne connaissent rien à l’ordinateur qu’il ne savent même pas les composant principaux de l’ordinateur.

  10. Moi aussi je fais partie de ces jeunes qui aiment « bidouiller » leur PC ;-) J’ai eu mon premier PC à 11 ans, et j’ai tout de suite été intrigué par ce mystérieux et puissant outil…
    Mais c’est seulement l’année dernière, lorsque ce PC est tombé en panne, que je me suis vraiment mis à l’informatique. C’est à ce moment là que j’ai appris tout seul à sauvegarder mes données, partitionner mon disque dur, défragmenter, etc.
    Et puis le 22 avril 2014, alors que je venais d’avoir 15 ans, j’ai découvert OpenClassrooms. J’ai commencé par lire le cours sur HTML5, et comme ça m’a plu j’ai attaqué le cours sur PHP et MySQL, puis JavaScript, la POO en PHP, Bootstrap, Symfony2… En bref, je me suis spécialisé dans la conception de sites Web, et c’est devenu ma passion :-)

  11. j’aime beaucoup cet article et les commentaires qu’il suscite. Merci.
    Oui, bidouiller sur son ordi peut être très utile, et oui utiliser des appareils électroniques n’apprend pas grand chose. Vivement que l’école et là société reconnaisse les « bidouilleurs » et pas seulement ceux qui savent faire ce qu’on leur demande, reproduire des chemins balisés.
    Cet article est un bout du chemin vers cette reconnaissance.

  12. moi aussi je me retrouve dans ce post j ais 50 ans et j ais commence avec un zx81 (1981) brancher sur la télé de mes parents .1k de mémoire et comme disque dur une bonne vielle cassette audio des heures a taper un programme et le petit frère qui retire la prise et hop plus rien enfin je n ais jamais lâcher la bidouille informatique je n y remet avec joie . nous avons de beau jouets maintenant alors amusons nous

  13. Enrichissant ce post!
    Le discours de Steve Jobs mérite effectivement d’être écouté!
    Et même si la chance de savoir quoi faire de son temps n’est pas donnée à tous, (en particulier si on est du genre à s’intéresser à tout et n’importe quoi) persévérer permet de découvrir pleins de choses passionnantes, c’est déjà une chance!
    Quand à savoir ce qui sera utile… Il est encore trop tôt pour la rétrospective!
    De plus, il est très sympa, d’en apprendre plus sur le site du Zéro, dont le concept même, offre une chance aux indécis curieux de trouver un domaine dans lequel ils pourraient prendre leurs marque pour de bon, et associer vie professionnelle et épanouissement personnel.
    C’est donc le bon moment, à mon humble avis, pour remercier toute l’équipe d’OpenClassrooms!!

  14. C’est un discours tres encourageant!!!!!!! Je vous remercie beaucoup et j’espère que je serai un tres grand programmeur un jour malgré que je suis Physicien à l’origine!!!!!!!!!

  15. Je m’y retrouve un peu dans tout ça….
    J’ai 15ans et cela fait plus de 6mois que je passe énormément de temps sur l’ordinateur. Pour faire Facebook, Twitter ? Non loin de là, avec un amis on code un vrai réseau social dont l’idée est assez original mais il est pour l’instant pas au top de ses capacités…. En effet on est que deux à le coder et TOUT ÇA GRACE A TON SITE !!! En regardant mon site, je m’étonne moi même de tout ce que j’ai fait, fonctions php, js etc… Tout ça grace a tes tutoriels TRÈS bien expliqués. Le site est quasiment finis ( il manque la page d’aide, règle d’utilisation, support, bref tout les trucks secondaire) et maintenant que je suis sur le point de le terminer, dans un mois environs, je me pose des questions sur tout ce qu’on a fait, est-ce qu’on est trop jeune pour lancer peut être une startup ? Est-ce que j’ai bien fait de passer des tonnes d’heures sur mon ordi pour ce site ? Est-ce qu’il aura du succès ? Jusque là, 2 personnes suffisait a le créer mais cela suffira t-il ensuite ? Je ne sais pas… Mais je ne cesse d’y croire je me dis la même philosophie que toi, tout ce temps passé sur un ordi n’aura pas servi à rien !
    Merci pour tes tutos, merci de ta philosophie !

  16. Billet intéressant….Grâce en partie à vous, fondateurs du SdZ, j’ai depuis 1 an lancé un site (réalisé par une agence mais maintenu, amélioré et administré par himself) qui me permet de conjuguer 2 domaines qui me sont chers: les technologies du web et le secteur de l’habitat écologique…J’estime encore en être aux fondations mais je veux croire que tout ce que j’ai entrepris jusque là aura de la valeur dans un futur pas trop lointain. Pas toujours évident quand on a une activité principale salariée, une femme, 4 enfants, un chien, 2 chats et un poisson rouge mais je ne lâche pas…

  17. Merci pour cet article ! Le choix du titre me parle tout à fait car même si je ne suis pas spécialement un geek dans le sens que tu donnes, je me reconnais dans la façon dans les autres voient notre activité !

  18. Il faut dire que l’effort est toujours récompensé et que c’est bien des années plus tard qu’on le découvre comme le jeune plant longtemps arrosé qui finit par donner des fruits.

  19. Cher Mathieu,
    Merci de partager avec nous ce vécu… dans lequel je me retrouve à 200% : )
    Encore Bravo et Merci pour ce formidable site qui nous rend tant service tous les jours.

  20. J’ai 61 ans, enseignant. j’ai commencé l’aventure dans les années 80, avec les calculatrices hp, puis le zx 81, puis le commodore 8000, puis les PC. Je me retrouve parfaitement dans le portrait ci dessus qui moi aussi a fortement influencé ma carrière ( aventure Minitel avec un site destiné aux écoles, puis détaché de l’Education Nationale pour initier la carte Vitale, (Sécu) et innover avec un site sécurisé dans les soins transfrontaliers
    bravo pour ce billet et pour toutes les bonnes choses d’openclassrooms

  21. En effet, c’est souvent avec le recul du temps qu’on se rend compte que les détours, les directions prises, voire certains échecs trouvent une explication et nous semblent une ligne beaucoup plus droite qu’on ne le pensait jusqu’ici. Même nos occupations étant enfant reflètent nos aspirations, et donc conditionnent notre futur (moi aussi je bidouillais sur un ordi étant enfant).

  22. Bonjour
    J’ai vécu l’ère Jobs… Les premiers Macs… J’avais conçu avec un informaticien un programme pour initier mes élèves aux coordonnées GPS… Oui..;sur un des tout premiers Macs…
    Jobs s’est servi de ses expériences pour avancer, certes. Pour moi, il possédait 3 atouts:
    1) Son sens de l’esthétique: les gens aiment ce qui est beau, esthétiquement flatteur, tout en assurant une technologie avancée derrière.
    2) La faculté de se projeter en avant, en devinant les besoins des consommateurs; chacun son mac qui permet de se propulser au niveau professionnel et social.
    3) Son sens de la communication, les liens qu’il tissait avec ses compagnons de route comme wozniak, son ami génial et empathique sans lequel rien n’aurait été possible.
    Cela dit, Jobs pouvait aussi être aussi son pire ennemi. Perso, j’avais un Newton… Qui a connu le Newton? Ce PDA ultra perfectionné qui apprenait à reconnaitre et à s’adapter à votre écriture? Il était incroyablement perfectionné. Pouvait presque vous préparer votre tasse de café le matin…A son retour chez Apple, comme Newton n’était pas sa création, Jobs l’a supprimé… Quelle perte incommensurable! Puis les liens qu’il tissait avec les autres, il pouvait les briser…pour des questions d’argent…
    Son parcours est inspirant, certes, mais il a bel et bien façonné sa propre destinée… Et cette pomme issue de son régime végétarien… Mais mais aussi le nom de la société de prod des Beatles et situé avant « Atari » dans l’annuaire… Coup de génie.

  23. Merci pour ce billet, je me retrouve beaucoup dans ces petits anecdotes. Quand j’étais jeune, j’était fasciné par cette appareil que l’on appelait « ordinateur ». J’ai eu mon premier ordinateur à 12 ans, un Windows 98. J’ai du l’envoyer chez un réparateur 3 ou 4 fois avant de comprendre comment il fonctionnait vraiment l’ordinateur, le suivant je l’ai customisé parce que je savais ce qu’il lui fallait pour qu’il soit performant. Avant, je profitais des sorties avec mes parents dans les centres commerciaux et je passais la majeur partie du temps à regarder et tester les appareils électronique et particulièrement les ordinateurs. Et c’est avec du recule que je réalise que j’ai toujours été passionné par les technologies, de cette passion j’en ai fais un métier et aujourd’hui (avec l’aide du SDZ) je continu mon parcours professionnels dans le monde du développement informatique.

    J’ai lu aussi la biographie de Steve Jobs, qui d’ailleurs était le premier livre que je lisais en entier sans être forcé, ce qui m’a fais aimé la lecture par la suite. Ce qui a fait de Steve Jobs ce qu’il est, c’est toute son histoire depuis la naissance. De ça mère biologique qui voulait le faire adopter par des gens cultivés, de son père adoptif qui avait l’engouement du détail dans les meubles qu’il faisait, puis son passage à l’université, ses expériences avec le LSD, sa rencontre avec Wozniak et autre. Comme lui, toutes les expériences et les rencontres font de nous ce que nous sommes aujourd’hui et ce que nous seront demain. Et se rappeler que nous avons qu’une vie et que la mort peut subvenir à n’importe quel moment, permet qu’au moment venu nous partirons sans regret.

    Encore merci pour ce billet et des nombreux tutos qui m’ont permis d’en apprendre beaucoup sur le développement informatique.

  24. « La mort de M. Jobs est un événement positif. Je suis désolé de vous l’annoncer de la sorte. C’était un grand artiste et un monstre sur le plan moral, et il nous a rapprochés de la fin de la liberté à chaque fois qu’il a sorti quelque chose, parce qu’il détestait partager. Ce n’était pas de sa faute, c’était un artiste. Il détestait partager parce qu’il croyait qu’il avait tout inventé, même si ce n’était pas le cas. À l’intérieur de toutes ces coques fines portant un logo Apple que je vois partout dans la salle, il y a des morceaux de logiciels libres modifiés pour lui donner le contrôle; rien d’illégal, rien de mal, il respecte la licence, il nous a baisés à chaque fois qu’il pouvait et il a pris tout ce que nous lui avons donné et il a fait des choses jolies qui contrôlent leurs utilisateurs.

    […]

    Nous avons besoin de logiciels libres. Les tablettes que vous utilisez, que M. Jobs a conçues, sont faites pour vous contrôler. Vous ne pouvez pas modifier le logiciel, il est même DIFFICILE DE FAIRE DE LA SIMPLE PROGRAMMATION. Ce n’est pas vraiment un problème, ce ne sont que des tablettes, nous ne faisons que les utiliser. Nous ne faisons que consommer le prestige de ce qu’elles nous apportent, mais elles nous consomment aussi. »

    Eben Moglen, Re-publica, 2012.

    1. Je suis désolé de devoir le dire comme ça mais… vous êtes hors-sujet Monsieur. :)
      Relis l’article et commente plutôt son contenu, et non pas la vie de Steve Jobs parce qu’il apparaît qu’il y a été mentionné au début. ;)

      1. A ce moment là, je suppose qu’il serait malvenu de discuter du point central occupé par M. Pokora dans cet article ? ;-)
        Terrible, si les ordinateurs avaient été plus abordables à l’époque (j’ai dû attendre 1993 et entrer en école d’ingénieur pour me payer un 386 à 30000 francs (ce qui représentait plus ou moins 6 mois de bourse d’étude et d’indemnisation de stage) ;-)), je pense que j’aurais moi aussi été scotché à l’écran… Jusque là, j’ai dû me contenter des MO5 & Co mis à disposition dans certaines écoles et collèges.
        Quelle évolution en 15 ans !
        Hier, j’ai eu mon fils de 17 mois par Skype, et ça ne lui a posé aucun problème pour communiquer avec moi à travers l’écran du portable ! 8-]
        J’ai presque peur de ce dont seront capables les générations suivantes ! :-)

      2. Il me semble que la philosophie du Site du zéro, partager les connaissances de manière désintéressée, plus particulièrement en programmation et en maniement des machines, ne concorde pas tout à fait avec la vision capitaliste de Mr Jobs pourtant systématiquement cité en référence. ;)

        1. Jobs est cité comme point de départ de la réflexion et non comme référence systématique ici.
          Il est facile de trouver des contradictions en prenant certains aspects d’un billet ça et là. Mais ce n’est pas le sujet. Le sujet (faut-il le répéter ?) est la façon dont les expériences anodines de notre vie quotidienne façonnent sans que nous le sachions notre avenir, et en quoi tout cela peut et doit être vu comme des évènements positifs.

          Dans son discours Jobs le raconte très bien, et, je pense que cela se voit, il est sincère. Nous aurions tort d’ignorer le propos sous prétexte que nous désapprouvons une partie de la vie d’une des personnes qui l’a relayé.

  25. Hello,

    Complétement d’accord avec cette vision des chose, du « fil en aiguille ». Je me suis également toujours servis des expériences passées pour surfer sur de nouveaux horizons. Ce ne sont rien d’autres que des bases solides permettant de construire l’après. Et l’après à toujours besoin de base.

    Ta situation est très concrète je pense, on voit clairement l’évolution au fil des années. D’ailleurs openclassrooms n’aurait à ce même titre pas été là sans le sdz.

    Je trouve vraiment sympa ce style d’article sur ce blog. Un blog doit peut être ressembler à quelque chose de plus personnel, ce sont les coulisses de la boutique alors dès que vous avez du temps à y consacrer, n’hésitez pas ! le contenu plus formel est à mon sens plus approprié sur le site lui même.

    A bientot

  26. Il y avait un point de départ, ou oserais-je dire un rêve, un univers qui se créait en s’asseyant derrière la console. Voir plus loin que l’assemblage, que la matière devant soi. Et ce point c’était un rêve qu’on aperçoit au loin et pour lequel on tient le fil. Et pour rien au monde il ne faut lâcher ce fil.
    Le discours de S Jobs est émouvant. Mon amie est morte du cancer. Après 5 années de luttes. Elle n’a jamais renoncé. Et que dire sinon que cette maudite maladie avait quelque part transcendé sa perception de la notion d’existentialité? Mon amie réalisait des prouesses, était dotée d’une sagesse infinie…
    Et donc je retrouve à travers les mots de S Jobs cette grande honneteté de quelqu’un qui sait à quel point chaque seconde de l’existence est précieuse: la mort est la destinée que nous partageons tous, nul ne peut y échapper.
    Quelles sont les expériences qui ont forgé S Jobs? La première est le fait que sa mère biologique voulait à tout prix qu’il possède un diplôme universitaire. Elle l’a fait adopter pour cette raison. Donc une terrible fracture dans la vie d’un enfant. Sa mère l’abandonne et le condamne à l’unif. Et l’unif, ce n’est pas son truc. Son truc, c’est autre chose…un livre qu’il a lu…il en parle à la fin de son discours, un livre qu’il a lu sur les ordinateurs, et un message que l’auteur souhaite à ses lecteurs… Mais SJ reste à l’unif pour y apprendre quelque chose qu’il aime: la calligraphe… Dont il aura besoin 10 ans plus tard et pour laquelle il sera copié par windows… la morale se son expérience 1 = suivre son coeur…
    Seconde expérience: être viré de Apple… Parce qu’il ne partage pas la vision du futur des dirigeants… être viré et aussi humilié… Qu’importe il réalise qu’il aime toujours ce qu’il a fait. Il aime Apple. Donc il repart, fonde 2 entreprises et tombe amoureux. Et en se battant, grâce au succès de Toy Story de Pixar, il revient chez Apple. Morale de sa seconde expérience: ne jamais perdre la foi, chercher et trouver ce qu’on aime, ne jamais cesser de chercher.
    Troisième expérience: à propos de la mort.
    Question: Et si chaque jour était le dernier? (Question qu’il se posait avant de savoir qu’il avait un cancer)
    Réponse: Je dois changer quelque chose dans ma vie.
    Il apprend qu’il est atteint d’un cancer incurable. Cela signifie qu’il faut dire au revoir à sa famille. Morale: il faut suivre son chemin sans se laisser influencer et surtout avoir le courage de suivre son coeur. Tout le reste est secondaire.
    Conclusion générale : un souhait: « Stay hungry, stay……
    je n’ai pas compris le dernier mot et j’en suis frustrée, mais je pense que tous ceux qui ont accompli des choses importantes ont quelque part suivi un rêve, s’y sont accroché et y sont arrivés. Et pour y arriver, ils « pompaient » tout ce qu’ils pouvaient dans leurs expériences de tous les jours. OpenClassRoom est une idée et une réalisation importants, qui comptent dans la vie de pas mal de monde et cette idée fait des petits, il y en a qui naissent, d’autres qui vont naitre… Et c’est très bien. Mon fils est une vraie éponge dédiée à l’informatique. Il ne sait pas encore ce qu’est son rêve, mais ce son intime conviction est que l’univers de l’informatique, d’OpenClassRoom donnent un sens à sa vie.

    1. La toute fin : « Stay hungry, stay foolish ».
      Au fait, des sous-titre français sont inclus dans la vidéo, désactivés par défaut.

  27. Remarquable !
    C’est touchant de lire un témoignage comme celui-ci, d’une personne qui réussit à faire de chaque événement de sa vie un trésor.
    Merci beaucoup pour ce partage.
    J’espère qu’il y en aura d’autre car je trouve ce travail d’écriture très beau et instructif.

  28. Merci Mathieu pour ton article, je l’ai trouvé très pertinent… Il se trouve que je suis justement un de ces jeunes qui est en train de finir son université et qui à beaucoup « bidouillé » pour comprendre un peu comment un ordinateur fonctionne, simplement par curiosité… Peu de personne de mon entourage comprenne pourquoi d’ailleurs…

    Je suis tomber sur votre site (openclassroom) et j’y est vu une opportunité pour apprendre un peu de ce monde qui me plaît tant… Donc je suis vos cours en parallèle avec mes cours à l’école, et jusqu’ici j’ai réussis à apprendre à me débrouiller en HTML et CSS3, en PHP et avec Photoshop, j’ai également réussis à comprendre comment monter un ordinateur et je suis en train de mettre en place un site web… Bref, j’ai beaucoup appris, et j’ai espoir de pourvoir plus tard regarder en arrière et me dire que ce sont toutes des choses qui feront partit de qui je suis…

    Merci à toute l’équipe d’OpenClassroom pour votre travail!

  29. Fabuleuse video, très « inspiring ».
    J’ai regardé il y a quelques temps le film sur Steve Jobs et je l’ai donc vue à la lumière de ce film, de son parcours complet que je connais mieux. Il faut retenir beaucoup de choses de ce discours mais l’essentiel serait à mes yeux : suivez votre coeur, faites confiance à votre intuition, faites ce qui vous passionne et à un moment ou un autre de votre vie, des éléments de ce que vous aurez fait, lu, imaginé, rêvé, découvert, exploré vont se connecter entre eux. C’est ce que tu as vécu et je trouve super que tu partages ton expérience d’avant le site du zéro avec nous et cette video qui l’illustre parfaitement ;-)
    Un grand merci pour ce partage très enrichissant !!
    A bientôt,
    Marie

  30. Sur le long terme, toutes les expériences du court terme (donc de la vie de tous les jours) tendent à éliminer leur aspect négatif et à former une seule et unique ligne droite, tel un effet de boomerang, parce que tout ce que l’on sème, on le récolte tôt ou tard, en bien comme en mal. Merci à Steve Jobs et à Mathieu Nebra de nous avoir montré le chemin, à savoir nous donner plus la conviction de poursuivre notre passion, anodine et vue d’un mauvais oeil le plus souvent par notre entourage, mais qui se révèle grandiose en termes de réalisations à l’heure du bilan. Tout le meilleur à openclassrooms et bonne chance encore à tous ceux en qui naîtront cet esprit de « bidouilleur » parce que le champ de l’informatique reste encore vaste à explorer. Merci!

  31. Merci pour ce très bon article qui résume bien un adage que je ressors souvent (j’imagine que quelqu’un de plus inspiré a déjà du le sortir bien avant moi) : « Le monde est merveilleux pour peu qu’on soit curieux ».

    Ce que tu décris ici nous l’avons vécu, certains y collent des mots « marketing » comme génération Y ou autre, la catégorisation me gêne mais pourquoi pas…

    Juste pour rebondir sur ce que j’ai lu dans les commentaires « Aujourd’hui les jeunes passent des heures sur les réseaux sociaux. Nous, on bidouillait, on se débrouillait, ça éveillait notre curiosité ».

    Je pense qu’il faut se projeter dans ce qu’en pensait nos parents « Pfff, moi à son âge je réparais des vélos et des tracteurs, il serait bien en peine quand il faudra changer l’alternateur de sa voiture… ». A chaque génération sa curiosité, et je suis extrêmement curieux de voir vers quoi la jeune génération élevée par les réseaux sociaux va nous mener.

    Difficile à dire aujourd’hui, j’ai parfois aussi envie de verser dans le procès de la jeune génération « Non mais arrête de te prétendre geek, de raconter n’importe quoi sur Twitter ou de publier des selfies sur Instagram : tu ne maîtrises rien aux outils que tu emploies et pire encore, tu étales ta vie n’importe où et c’est dangereux », mais j’ai essayé de me plier à cet exercice : si notre génération de « geeks » a poussé au développement des réseaux sociaux, aux services en ligne pour tout et rien, au financement participatif et aux plateformes d’échange : on peut y voir l’envie de partager qui est née de cette petite frustration de la bidouille tout seul dans son coin. Combien d’entre nous ont sauté au plafond en réussissant à faire fonctionner leur modem après des heures de configuration ? Ou ont eu envie d’appeler la terre entière après avoir fait tourner leur première distribution linux ou leurs premiers sites webs. Combien ont cherché pendant des mois comment se servir à bon escient du web pour partager leurs expériences ? Combien ont été frustré par les méthodes archaïques de l’époque pour publier, partager sur le web ?

    Elle était là la bidouille de l’époque : simplifier l’accès et le partage. Utiliser le web, tout simplement. Le RSS vient de cette époque, les réseaux sociaux sont certainement aussi nés de ce double aspect : envie / frustration. L’envie de partager au monde entier ce qu’on est, la frustration de se taper des annuaires d’anciens élèves et de passer des coups de téléphone. Les outils existaient, étaient dans l’ensemble « single user » (tableur, …).

    Aujourd’hui la problématique n’est plus là, je pense. Et la frustration n’est plus là non plus. La force des jeunes aujourd’hui, il me semble, c’est de faire la part des choses, le tri dans la masse d’information qui existe. S’informer correctement, partager correctement, faire attention à ce qu’on dit ou écrit. La frustration de se dire « j’ai un ensemble d’objets qui sont censés me simplifier la vie mais au final ce ne sont que des services assez peu intelligents », « Ca reste simple : je cherche un covoiturage pour. Les moteurs de recherche et/ou recommandations » faisant peut-être exception à la règle.

    Et en extrapolant en mode science-fiction, je me demande si les inventions de demain portées par cette nouvelle génération ne seront pas tout simplement le fantasme de nos aînés quand on parlait de science fiction justement : je me demande si la génération à venir ne sera pas la championne de la psychologie cognitive et de l’intelligence artificielle.

    Quand on a passé des heures à communiquer avec la planète entière, à parcourir plus qu’à chercher, à analyser du contenu plus qu’à le rechercher, je me demande si derrière ça ne va pas émerger l’idée suivante : « internet aujourd’hui m’aide à trouver, internet demain m’aidera à réfléchir ».

    Evidemment c’est de la science-fiction, mais c’est un exercice que je trouve assez amusant à partager. Vous, vers quoi pensez-vous que la nouvelle génération s’orientera ?

    1. Comme toi, personnellement je me garde bien de critiquer les usages de la génération actuelle accrochée à son smartphone et à Instagram/Snapchat (nos parents avaient fait de même rappelons-le). Ces usages sont différents, mais ils créent une culture, des expérimentations d’un type différent, qui aboutiront à d’autres formes d’intelligence. J’imagine une communication toujours plus instantanée et émotionnelle. C’est peut-être là que la nouvelle génération nous surprendra : sur l’émotionnel.

      Nous avons bidouillé des mécaniques froides et fait marcher les premiers logiciels grands publics. Ces logiciels ont vocation à devenir intelligents, sensibles et humains au final. L’expérience acquise par cette génération leur permettra sûrement de nous étonner.

  32. Vous n’avez absolument rien compris au discours de Jobs.
    Il parle du lien improbable entre apprendre la calligraphie a un moment de sa vie pour beaucoup plus tard s’en servir pour révolutionner l’informatique.

    Vous parler de bidouillage informatique pour finir … dans l’informatique! Wow quelle surprise…

  33. Il y a certainement une très grande part de vérité dans ce que vous dites. Merci pour ce billet assez instructif. Nous allons donc persévérer et continuez à lire vos cours particulièrement agréables à lire.

  34. Billet très rassurant pour les bidouilleurs. Pas ceux qui bricolent forcément leur ordinateur mais ceux qui touchent à tout. Mateo n’a pas que bidouillé des ordi, il a aussi crée un ton, un mode de communication prof-élève, et je suis certain qu’il a plus de fierté à avoir inventé cette pédagogie que de savoir plugger un truc sur une carte machin. Ce ton pédagogique, c’est ce qui a permis à tous les élèves du SDZ de s’investir plutôt que de renoncer. Mais quelle expérience(s) personnelle(s) lui a permis d’inventer ce ton ?
    Ça j’aimerai bien le savoir.
    En tout cas, un immense bravo à cette merveilleuse création pédagogique que je conseille sans relâche à mes élèves qui souhaitent apprendre l’informatique.
    Prof de math depuis peu, j’essaye aussi de trouver un ton, j’expérimente, et évidement, je puise sans cesse dans mes expériences passées pour nourrir mes cours. Et c’est aussi un exercice bien enrichissant que d’associer le métier de plombier à celui de prof de math mais quand on y parvient, cela devient un moment de grâce…

  35. C’est très bien analysé et c’est la réalité. Mais je le ressens ainsi, peut-être à cause de mon âge(64). Ceci va m’encourager à continuer à apprendre vos cours qui sont particulièrement bien faits.

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